« Si tu gagnais au loto qu’est-ce que tu ferais toi avec l’argent ? »
« Ben euh je ne sais pas… je voyagerais. »
« Ahh ouin, tu retournerais-tu dans ton pays ?(1) »
« …mon pays c’est ici Madame. »
Même après avoir vécu plus de 13 ans au Canada, on peut avoir ce genre de conversation avec une gratteuse dans un dépanneur(2) montréalais. Mais bon, ne vous y méprenez pas, les Canadiens demeurent de façon générale ouverts d’esprit. L’ignorance, l’incompréhension et la méconnaissance de l’autre, surtout parmi les « BS »(3) occasione parfois des maladresses ou dans de rares cas, de l’intolérance.
Je me suis rappellée de tout ça lorsque j’ai zappé sur LCN et TVA l’autre jour (la télé mainstream au Québec). Les [faux] débats et le niveau des intervenants m’ont presque fait regretter la télévision française [que je ne regardais presque jamais non plus]. Heuresement qu’il y a TV5 Monde…
Bref, j’étais blasée de voir qu’ils étaient en train de blâmer les immigrants de tous les maux du Québec. Ces abrutis dénonçaient une situation qui n’existe que dans leur petite tête. Et puis ça pleurniche au sujet des accomodements raisonnables (encore ça ?!), au sujet du recul du français à Montréal, au sujet des profs qui avaient interdit à leurs élèves de prononcer le mot Noël en classe… et on ne lésine pas à titrer: MULTICULTURALISME.
Qu’on soit très clairs une bonne fois pour toutes. D’abord au sujet du scandal « Noël »: CE N’EST PAS LA FAUTE DES IMMIGRANTS. Je n’ai jamais rencontré un immigrant qui soit contre le mot Noël. Même qu’ils n’hésitent pas à souhaiter un joyeux Noël à leur entourage, y compris les musulmans. Il faut être bien bien con pour débarquer au Québec (qui est de tradition catholique) et exiger des Québécois la censure du mot NOËL. La plupart des immigrants n’oseraient jamais faire ça, pour des raisons très simples:
- S’ils quittent leur pays pour s’établir au Canada, c’est notamment parce qu’ils souhaitent vivre en paix et en liberté. Certains d’entre eux fuient des pays où la liberté religieuse n’est pas grantie. Donc ce n’est pas pour arriver ici et imposer leurs confessions.
- Même si cette idée venait aux plus extrêmistes d’entre eux, je les imagine mal formuler une telle demande. Ils savent très bien que cela va choquer et qu’ils risquent de s’en prendre plein la gueule. Imaginez un peu la une d’un canard qui titre: un Pakistanais (exemple) demande au professeur de sa fille de ne pas dire « Noël » en classe. Le tollé. Donc faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Et puis de toute façon, le professeur en question (qui a interdit le mot Noël sous prétexte de ne pas offenser les immigrés) était un québécois de souche à ce que je sache non ? Mais les immigrés n’ont rien demandé alors que viennent-ils faire dans cette histoire ??
Idem au sujet du supposé recul du français à Montréal. En tant qu’immigrée(4), Candadienne, Québécoise, Montréalaise, francophone ; je n’ai jamais eu le sentiment que le français reculait au profit de l’anglais. Je n’ai jamais eu du mal à me faire servir en français, même au centre-ville de Montréal, ne serait-ce que dans un français cassé et approximatif. Même que beaucoup d’immigrés choisissent de s’établir au Québec plutôt que dans une autre province, justement afin de pouvoir vivre en français. S’il existe encore un malaise au sujet de l’utilisation du français à Montréal, il est surtout du à complexe encore palpable entre les anglophones et les francophones de l’île (donc des Québécois de souche). Et si les anciennes communautés d’immigrés (comme les italiens, les portugais, les grecques) parlent surtout l’anglais, c’est parce qu’à une certaine époque, au Québec, on interdisait aux immigrés de fréquenter les écoles francophones. Nous le savons très bien.
En tout cas c’est pas comme ça que le français va avancer…
Une idéologie qui a marqué l’histoire du Québec est le péquisme(5). Pour moi, tout ce qui reste du PQ est sa démagogie ultra-nationaliste. Le PQ est en crise depuis quelques années. L’âge d’or du parti, sous son dirigent historique René Lévesque, est révolu. Après sa « fameuse loi 101 », le PQ n’a plus rien à proposer: la souverainneté a échoué mais le français est sauvé(6). Alors on nous ressasse de vieux slogans qui ne sont plus à l’ordre du jour. Le PQ, comme tous les partis qui n’ont plus rien à apporter, joue sur des idéologies identitaires. Il en ressort une propagande ultra-patriotique, ultra-laïque (ou plutôt ultra-athée). Le PQ veut « préserver l’identité québécoise », sauf que les péquistes ont une idée bien arrêtée de ce qu’est l’identité québécoise. Pour les tenants de la pensée péquiste, la société québécoise doit se débarasser de la moindre référence religieuse: du crucifix au Parlement, à la croix du Mont-Royal, en passant par les décorations de Noël. Ça s’appelle l’extrémisme athée. Ça me rappelle ces Talibans qui ont détruit des monuments boudhistes en Afghanistan (bon avec la violence en moins). Les immigrés sont maintenant les seuls croyants au Québec, forcément ils dérangent ceux qui considèrent les immigrés ET la religion (surtout l’Église catholique) comme étant la source de tous les maux de la société.
On ne le dira jamais assez, l’apport migratoire est un enrichissement. Aucun pays ne sera appauvri par l’afflux de cerveaux, de cultures, de main d’oeuvre compétente. Au contraire. Aucun pays ne peut prospérer, évoluer, en restant « consanguin ». Ceux qui le perçoivent comme étant un problème à colmater, nagent à contre-courant. Il n’existe pas d’immigrant parfait, comme il n’éxiste pas de citoyen parfait. Ceci étant dit, les immigrés ont vécu une blessure. Ils ne peuvent oublier leur passé mais désirent avancer par-dessus tout.
(1) Ceci n’est pas une faute de frappe. Au Québec, il y a parfois deux sujets pour le même verbe dans une phrase.
(2) Un tabac (qui, comme son nom l’indique, ne vend pas que du tabac)
(3) Le Bien-être social est un programme d’allocation gouvernemental. C’est aussi un terme (péjoratif) pour qualifier classes sociales déseuvrées, parce qu’en général, ce ne sont pas les personnes les plus cultivées ; quoi que j’ai déjà rencontré beaucoup de diplômés avec 0 culture générale aussi.
(4) C’est que je serais toujours considérée comme tel.
(5) Le Parti Québécois, communément appellé PQ, est un influent parti politique au Québec. Si si.
(6) Le PQ a instauré également beaucoup de réformes sociales qui consituent le pilier du Québec.


Retourne dans ton pays tabarnak!
http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/rima-elkouri/201203/19/01-4507235-ok-je-retourne-dans-mon-pays.php
Pour que le Québec ne soit jamais la France:
La France officielle vit de nouveau à l’heure des Croisades – mais a-t-elle jamais changé d’heure ? — et du repli étriqué sur elle-même.
A longueur de discours et de meeting en meeting, ses dirigeants ressassent les mêmes insanités mortifères, quand le seul problème sérieux est de décider si leur pays va se donner les moyens de progresser dans tous les domaines, ou s’étioler et se rabougrir. Un simple regard sur le siècle dernier nous montre à quel point la présence d’étrangers a ouvert de nouveaux horizons, renouvelé la culture, stimulé l’activité scientifique et l’exigence de justice.
«J’accuse !» Ce n’est pas un «indigène », c’est Zola, d’origine italienne, qui prend la défense de Dreyfus, Cuvier, d’origine suisse, qui promeut l’anatomie comparée et la paléontologie, Marie Curie, d’origine polonaise, qui reçoit le prix Nobel de physique en 1903, Vladimir Jankélévitch, d’origine russe, Castoriadis, d’origine grecque, Edgar Morin, juif de Salonique, qui renouvellent la réflexion philosophique… Faut-il citer ces artistes, ces poètes, ces romanciers qui séduisent tant de citoyens, élargissent leur horizon, disent et chantent ce que la plupart ne savent pas ou ne peuvent pas exprimer — Apollinaire, d’origine polonaise, Aznavour, d’origine arménienne, Yves Montand, d’origine italienne, Isabelle Adjani, Guy Bedos et tant d’autres ?
Un pays qui vit et se développe est un pays pluriel, diversifié, largement ouvert à tous ces étrangers qui, d’une façon ou d’une autre, le fécondent.
Un pays qui se ferme aux autres est un pays qui régresse et retourne à l’état quasi sauvage caractéristique, dans les années 1930, des Tasmaniens. Une tribu d’Océanie dont tous les membres, endogames, appartenaient au même groupe sanguin. Toutes portes fermées sur l’extérieur, ce sont les êtres les plus arriérés que les ethnologues aient jamais rencontrés : ils n’avaient pas encore inventé le feu, et leur langage se composait de quelques clics et clacs de la langue. Halal, halal ! La France devient-elle une nouvelle
Tasmanie ?
Extrait de la chronique de Maurice Tarik Maschino “La France retourne à l’état quasi sauvage” dans El Watan (21/03/2012)
Toujours à Montréal, seule ville au monde où l’on peut entendre: “I’m going to the dep to buy a metro card” ou encore, là où l’on peut trouver des SDF parfaitement bilingues.
http://www2.lactualite.com/freed/2012/03/15/hello-world/
http://www2.lactualite.com/pierre-duhamel/2012/04/03/je-suis-montrealiste/